Châteaux

Le château de Beynac

Le château de Beynac est situé sur la commune de Beynac-et-Cazenac, dans le Périgord noir. Ce château est l’un des mieux conservés et l’un des plus réputés de la région. Il a été classé Monument historique le 11 février 1944.

C’est une construction médiévale, d’allure austère, perchée sur le haut d’une falaise calcaire dominant le bourg sur la rive droite de la Dordogne. Le château présente la forme d’un quadrilatère irrégulier prolongé au sud par un bastion en éperon. Le sévère donjon, garni de créneaux, date du XIIIe siècle. Protégé du côté du plateau par une double enceinte, le château surplombe la Dordogne de 150 m.

La partie la plus ancienne du château est un gros donjon roman carré, vertigineux, aux rares percements, agrafé d’une bretèche et d’une échauguette, accosté d’une cage d’escalier en vis, mince comme un contrefort et terminé par une terrasse crénelée. D’un côté, un logis de la même époque lui est juxtaposé ; il a été retouché et agrandi aux XVIe et XVIIe siècles.

De l’autre côté, c’est un logis en partie XIVe siècle, auquel sont accolés une cour et un escalier de plan carré desservant des appartements du XVIIe siècle. Les appartements ont conservé des boiseries et un plafond peint du XVIIe siècle ; la salle de réunion des États du Périgord est ainsi nommée parce que s’y réunissait la noblesse des quatre baronnies, celles de Beynac et Biron pour le sud et celles de Bourdeilles et Mareuil pour le nord; elle garde une belle cheminée Renaissance sculptée de bucranes .

Cette salle donne sur un petit oratoire entièrement décoré, au XVe siècle, de fresques parmi lesquelles une Pietà, un saint Christophe, une cène dans laquelle saint Martial est le maître d’hôtel. On peut également y voir de somptueuses tapisseries représentant des scènes de chasse et d’autres scènes de la vie des seigneurs de l’époque, ainsi que la reproduction de l’étendard de la famille de Beaumont-Beynac, propriétaire du château depuis le XVIIIe siècle jusqu’en 1961.

En 1962, le château est acheté  par Lucien Grosso qui entreprend de le restaurer et de lui redonner vie, aidé ensuite par Denise Grosso, qu’il épouse une dizaine d’années plus tard. Lucien Grosso décède le 16 juillet 2008, âgé de 98 ans, et Denise poursuit son œuvre jusqu’à sa propre mort le 17 février 2016. Le couple, qui n’avait pas d’enfant, avait décidé en 1999 de léguer le château au sénateur Albéric de Montgolfier, pensant que ce fils de conservateur de musée, lui-même passionné de restauration du patrimoine, serait en mesure de continuer leur œuvre.